
E N J E U
Auvergne Architectures a eu six ans cette année. Roland Ondet qui l'a créée
avec son équipe continue à la porter sur ses épaules. Jean-Pierre Espagne qui lui a
succédé pendant quatre ans à la présidence, est maintenant conseiller au National et
consacre beaucoup de son temps à faire entendre les voix de notre région et du bon sens
à nos élus. Aujourd'hui, c'est à mon tour de prendre la plume mais surtout au nouveau
Conseil en place d'assurer la continuité des actions entreprises.A.A. doit se maintenir malgré les contraintes financières de plus
en plus dures du fait des réductions de budget.
La réforme de la loi de 77 est en cours et on peut lire
dans les récents documents préparatoires envoyés par François Barré, directeur de
l'Architecture, à notre président national : "il est certain (...) que d'ores et
déjà le principe de limiter l'Ordre aux missions strictement d'intérêt public est
retenu (tableau, discipline et déontologie, représentation à voir en liaison avec le
rôle à définir aux syndicats)". Ce qui revient à dire que l'Ordre serait
dessaisi de sa mission de promotion de l'Architecture et réduit à ne jouer que le rôle
ingrat de gendarme. Ce rôle ne nous intéresse pas, il peut être rempli par n'importe
quelle administration. A.A. devra donc exister encore plus et mieux pour faire entendre à
notre tutelle que la promotion de l'Architecture ne peut pas être seulement le fait de la
"Cité de l'Architecture" en projet au palais de Chaillot mais aussi celui des
régions et de ses Conseils au quotidien.
Notre site internet va ouvrir très prochainement. Il
contiendra, outre le tableau, un condensé des principaux dossiers de la revue et des
rubriques savoir-faire. Il faut plus que jamais être présents et crédibles si nous
voulons préserver une qualité architecturale.
N'attendons pas des autorités de notre tutelle qu'elles
nous préparent les meilleures conditions d'exercice possibles, une reconnaissance et un
chemin semé de fleurs. C'est à nous de faire reconnaître notre utilité et nos
compétences. Cela ne pourra se faire que par la pratique d'un exercice digne et honnête,
un travail de qualité. On ne peut pas travailler à n'importe quel prix dans n'importe
quelles conditions, il faut savoir dire non. Il faut défendre l'idée simple qu'un
Architecte doit être payé pour travailler et avoir le temps de travailler, et servir
notre client en y mettant toutes nos tripes et notre savoir-faire.
C'est dans ces conditions que l'Architecture se défendra.
Aujourd'hui la tendance est inverse, on achète l'Architecture en la marchandant comme un
produit de consommation, au plus bas prix possible, on resserre les calendriers d'étude
et d'exécution comme si le temps était un critère de qualité et de performance alors
qu'on a à faire face à des niveaux d'exigence et de complexité administrative ou
technique de plus en plus élevés.
Toute la production du bâtiment en souffre et nous en
resterons à la fin les seuls responsables aux yeux de l'opinion qui ne juge que sur le
résultat. C'est cette perception qu'ont les rédacteurs de la future réforme de
l'Architecture qui, sans doute pris dans la logique d'un raisonnement très
fonctionnaliste, ont pour objectif plus ou moins avoué ou conscient de nous intégrer
dans un corps de la "maîtrise d'uvre" où l'architecte joue le même
rôle que l'ingénieur ou l'économiste. L'image éculée de l'Architecte chef d'orchestre
reste encore et malgré tout la bonne. Nous devons exister parce que nous sommes les seuls
à connaître la partition et le travail de chacun, parce que nous avons le rôle de voir
l'ensemble et d'en diriger la synthèse, parce que nous sommes des interprètes et non des
exécutants. C'est une responsabilité et une compétence que nous n'avons pas le droit de
prendre à la légère. Nous devons tout mettre en uvre tant du point de vue des
compétences que de celui de la rigueur pour que personne ne conteste notre place au
pupitre.
Chacun de nous doit travailler dans ce sens. Il faut
défendre l'Architecture pour défendre les Architectes et non l'inverse.
Jean-Paul Lanquette, Président
SOMMAIRE du n° 19 du mois
d'octobre 1998
Conseil de l'ordre
La première charte dans le Puy-de-Dôme contre les abus
du moins-disant.
* Le colloque "Natures et Cité".
* Echos du National : la réforme de la loi de 1977 se dessine.
* Bravo Présidents !
* La nouvelle équipe.
* Les concours toujours.
* Les jeunes architectes
de Sarajevo à Gergovie.
Evénement
Les vagues du plaisir
Le nouveau centre nautique des "Hautes Roches", à Chamalières (Puy-de-Dôme),
semble plaire aux utilisateurs.
En quelques mois, la fréquentation a plus que doublé. Explications.
dossier
La Grande Halle d'Auvergne : le passeport du futur
Pour la première fois, une revue lève le voile sur les cinq projets. Un entretien avec
le Président
du Conseil régional d'Auvergne.
actualités
Un bâtiment suspendu entre lumière et nature
Après le combat politique, qui avait permis l'installation du Cemagref à
Clermont-Ferrand, il fallait donner à ce fleuron de l'ingénierie agricole son propre
environnement "à la hauteur", ni anodin, ni anonyme.
savoir-faire
L'agence EDF à Issoire
actualités
Eloge du costume
En s'appuyant sur l'ancienne caserne Villars à Moulins, Jacques Brudin et Jean-Michel
Wilmotte, les architectes, ont dessiné le futur Centre national du costume de scène.
Visite.
brèves-actualités
La fin des deux derniers "Pailleron".
* Un nouveau centre pour l'IPCCI.
* Guillaume Deroin Thévenin remporte le prix d'architecture "Germain Martin".
* De nouveaux locaux pour l'IFMA.
* Une terrasse ouverte sur
Notre-Dame du Port.
* L'aéroport de Clermont s'agrandit.
* Les murs prennent des couleurs.
Clin d'il
Spleen
Observatoire
L'Observatoire des concours dans la région Auvergne.
* Annonces : demandes d'emploi, vente de matériel.
* Carnet.
Prix au numéro : 40 francs. - Abonnement : 100 francs.
Avec ce numéro, le tableau officiel de l'Ordre régional des architectes.
Photo de couverture : Le bâtiment Cemagref-Engref, réalisé par Christian Hauvette et
l'Atelier 4. Photo Christophe Camus.
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