ENJEU
Le grand bateau blanc de Sabourin va larguer les amarres et
disparaître de nos côtes de Clermont dans l'embarras général.Cela rappelle cette
chanson de Dylan dans les années 70 : "Who killed Davy More?" L'histoire de ce
boxeur mort sur le ring, victime d'un enchaînement fatal dont personne n'est
responsable.Faut-il regretter la nouvelle perte d'un témoignage architectural d'un
patrimoine récent ? Faut-il l'accepter comme une évolution normale et économiquement
justifiée ?En tous cas, on ne peut pas applaudir ou s'indigner bruyamment comme on le
ferait devant l'expression d'une volonté politique et d'un projet affirmé ; il n'y a ni
l'une ni l'autre, juste le souci de la réduction des coûts de la santé pour
l'exploitant. Maladie d'une époque.Nous ressentons tous une frustration devant notre
impuissance à agir face à un système de plus en plus borné et normé où les textes et
les directives, les prospectives et les perspectives d'experts s'imposent à nous comme
une fatalité.
Qui a tué Davy More ?
Les Directives Services européennes ont institué le stupide anonymat des concours
d'architecture, des accords GATTS sont en cours de discussion et réglementeront demain
notre profession et nos modes d'exercice. Peut-être crierons-nous encore notre
indignation avant de plier un peu plus sous le joug. Certains voient là la confrontation
des cultures anglo-saxonnes et latines.
L'efficacité des barbares (au sens classique, les étrangers) prévaut et Jules II est
mort depuis longtemps, leurs cathédrales sont loin de St-Pierre de Rome, elles sont
faites de papier.
Les objectifs ont changé. L'intégrisme est la pire réponse, l'héroïsme ne donne pas
de bons résultats bien que très médiatique. Alors, nous faisons de la résistance, du
détournement d'interprétation, du compromis, nous compensons par le relationnel, par
l'humain, nous rongeons solidairement notre frein.
Le récent débat sur les permis de construire est une parfaite illustration de cet état
d'esprit, les échanges entre les architectes et les administrations ont été riches et
de ce qui devait être un coup de gueule s'est dégagée une volonté de travailler
ensemble pour le bien commun.
Tout espoir n'est pas perdu mais il faudra nous battre pied à pied face aux barbares pour
convaincre de la nécessité du beau, du plaisir, de la création, de l'imagination, de
l'ambition, du goût de l'aventure...
Toutes ces folies inutiles qui, avec le temps et la mémoire, deviennent une culture dont
on dit que l'architecture est l'expression.
Jean-Paul Lanquette, Président
SOMMAIRE DU NUMERO 20 -
mars 99
Rencontres : Permis de
construire : s'y prendre plus tôt
Plus d'une quarantaine de personnes architectes, représentants de la DDE et de la
Ville de Clermont ont participé à la permière table ronde organisée par l'Ordre
régional des architectes, sur le thème toujours délicat des permis de construire.
L'objectif ? Engager une réflexion sur la démarche et, si possible, proposer des
améliorations. Pari réussi.
Conseil de l'ordre
* L'assemblée générale se tient à l'école
d'Architecture
* PACT-ARIm : le contrat régional de développement
* Handibat : une initiative exemplaire pour l'intégration des personnes handicapées
* Les architectes visitent le "chantier du siècle"
* Permanence du Conseil régional de l'Ordre des architectes
* Coup de chapeau à deux étudiants
* Les cinquante ans de la Chambre régionale des ingénieurs-conseils
* Interruption volontaire de réforme
* www.archi.auvergne.org : l'Ordre est sur la "toile"
Les concours toujours
L'OPAC du Puy-de-Dôme lance le "concours en loges"
Social
Comment protéger efficacement vos proches ?
Brèves-actualités
* Une plaquette présente 21 monuments en chantier
* Un prix national pour une équipe clermontoise
* A la rencontre des métiers
* Salle polyvalente de Ménétrol : entre le bourg et le parking
* Un prix de l'architecture auvergnate pour l'an 2000
* Bellevue : dix logements individuels en "belvédère" sur la ZAC de l'Oradou
* Une BD sur les métiers du bâtiment
* Maisons individuelles : un concours réservé aux jeunes architectes
* Que d'imagination !
Clin d'il
Veni, securitor spiritu
Dossier
Sabourin : faut-il débrancher les tuyaux ?
En arrivant par le Nord, l'une des principales entrées de Clermont-Ferrand,
l'hôpital-sanatorium Sabourin constitue le seul exemple d'architecture moderne de
l'entre-deux-guerres. Véritable mémoire architecturale des années trente et témoignage
vivant du style fonctionnaliste international qui triomphe alors un peu partout en Europe,
à la suite des expériences de Gropius et de Le Corbusier.Vouloir démolir Sabourin,
c'est donc priver le quartier d'une grande partie de son histoire et d'une uvre
exceptionnelle. Il est encore temps de réagir et d'inciter tous ceux qui peuvent peser
sur la décision à revenir sur un geste que chacun regretterait ensuite.
Savoir-faire
La tribune du stade de Romagnat.
La reconstruction d'un établissement industriel à Cusset.
Actualités
La nouvelle caserne de gendarmerie "Fontfrède" à Clermont-Ferrand.
Les architectes n'ont pu aller jusqu'au bout de leur projet et ils en gardent une certaine
amertume.
Observatoire
L'Observatoire des concours dans la région Auvergne.
Annonces
Demandes d'emploi.
Carnet
Prix au numéro : 40 francs. - Abonnement : 100 francs.
Avec ce numéro, le tableau officiel de l'Ordre régional des architectes.
Photo de couverture : Photo de couverture : La façade sud de Sabourin.Photo : Christophe
Camus.
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