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Auvergne Architecture
n° 21
La revue du Conseil
régional de l'Ordre des Architectes d'Auvergne.
Restructuration-extension
de l'ENITA
Deux
phases pour un nouveau visage
La
longue restructuration-extension de l'Ecole nationale d'ingénieurs
des travaux agricoles de Marmilhat (l'ENITA à Lempdes,Puy-de-Dôme),
qui touche à sa fin, a permis de donnerà un ensemble
construit dans les années 60, non
seulementles surfaces nécessaires à sa mission,
mais encorele visage et l'organisation d'une "grande école"
pratiquement un "mini-campus"universitaire par une interventionen
deux phases avec deux équipesde maîtrise d'uvre.
D'abord école
de techniciens puis d'ingénieurs, l'ENITA a vu sa population
étudiante doubler en dix ans, pour arriver à un
total de 300 futurs ingénieurs spécialistes de l'agro-alimentaire,
du développement rural et des productions animales ou végétales.
Elle est le fleuron du complexe de Marmilhat, qui regroupe nombre
d'autres formations agricoles moins poussées. Le premier
concours, pour la restructuration-extension de la partie d'enseignement,
début 1995, avait abouti au choix de l'équipe Jean-Yves
Berthon & Jean-Claude Collet, associés à Lupi-Chomette
(BEHC architectes).
Première
phase : redéfinir les espaces
Le parti de
l'équipe lauréate s'est essentiellement appuyé
sur la notion d'axe central, permettant d'établir des liaisons
fortes entre les différents volumes aux fonctions reprécisées
(ou créées : espace informatique, centre de documentation...),
en repensant les façades avant et arrière comme
une enveloppe structurante, conférant à l'ensemble
bâti une identité claire. Les espaces d'enseignement,
de bureaux ou de laboratoires sont regroupés en unités
autonomes.
La construction initiale, édifiée en 1966, était
un carré entourant un patio, lui-même traversé
d'un bâtiment bas orienté nord-sud ; à la
droite de la façade nord, un amphithéâtre
indépendant avait été aménagé
en 1994 par l'architecte Jean-François Panthéon.
Deux nouveaux amphithéâtres (accessibles par le rez-de-chaussée
et en R+1) ont été réalisés devant
la façade ancienne dont l'auvent a été supprimé.
La nouvelle extension englobe les trois amphis d'un habit d'aluminium
naturel et de cassettes métalliques blanches, s'effilant
en une coursive assez majestueuse : cette vaste courbe clôt
aussi l'espace entre le carré initial et la "barre" nord-sud
de l'internat. Cet espace jusque là "vague" est dès
lors clairement annexé à l'école. Sur la
gauche, l'extension est de taille plus modeste, rectiligne et
fine, elle abrite les locaux administratifs. Le parvis d'entrée
est ainsi bien équilibré, désignant évidemment
l'accès principal et le hall, élargi et éclairci.
L'équation
des accès
Là
s'enracine l'axe principal, la "colonne vertébrale" renforcée
dans le bâtiment intérieur ; rehaussé d'un
niveau, il sépare plus nettement les deux "demi-patios"
d'origine, et distribue les bureaux des enseignants. L'axe est
prolongé par une passerelle en acier galvanisé en
surplomb d'un jardin planté, pour arriver à un bâtiment
neuf, l'extension sud qui inclut le centre de documentation, les
équipements informatiques, audiovisuels et multimédias
et quelques bureaux. Débordant dans sa longueur les angles
du carré initial, il clôt lui aussi l'espace de l'école,
avec un pôle arrondi à l'ouest, le centre de documentation
tourné vers le bâtiment d'internat. A l'est, il dessert
les parkings du personnel, qu'en même temps il masque aux
regards. Le pôle de restauration, prévu dans le bâtiment
neuf, a finalement été intégré à
celui d'internat et donc à la deuxième phase de
restructuration.
L'attention des concepteurs s'est particulièrement portée
sur les différents "niveaux" d'accès et leur gestion
: les parkings sont proches mais dissimulés, les piétons
trouvent aisément leurs marques, tant pour entrer dans
l'établissement que dans une distribution "à angle
droit" où les trois axes de dégagement vers l'ouest
desservent les espaces d'hébergement et de restauration.
Les étudiants peuvent ainsi, « en pantoufles »
selon Jean-Claude Collet, évoluer entre leurs chambres
et la restauration, et accéder en soirée à
certaines salles de travail mais pas à toutes
à travers le jeu clair de coursives.
L'"effet patio", fondement de l'architecture de la construction
initiale, a essaimé dans les surfaces et les volumes redessinés
et valorisés par les constructions neuves, toutes couvertes
en grands bacs aluminium dont les courbes adoucissent les angles
droits des toits-terrasses d'origine.
Seconde
phase : la quadrature de la barre
Un
second concours a en-suite désigné en 1997 l'agence
Léaud-Rambourdin-Rivoire (Chamalières) pour la rénovation
et l'extension du pôle d'accueil, d'hébergement et
de restauration, réalisées en grande partie en site
occupé : un premier ensemble (102 lits) a été
restructuré en dix semai-nes, à l'été
1997, et un deuxième (112 lits et la restauration) d'avril
à septembre 1998. Une unité supplémentaire
de 32 lits et l'espace ont été livrés en
septembre 1999.
Par rapport à la première phase, le problème
architectural se posait en termes délicats : comment harmoniser
un grand bâtiment en barre de quatre niveaux avec la déclivité
naturelle du terrain, tout en élargissant sa fonctionnalité
? Cette dernière incluait l'obligation d'"ouvrir les murs"
pour définir un nouvel espace de colloques, susceptible
de recevoir des manifestations extérieures à l'établissement.
L'amphithéâtre existant (voir plus haut) devait donc
être remanié et agrandi afin d'améliorer ses
capacités d'accueil et de convergence avec les autres fonctions
présentes dans l'établissement et en particulier
son articulation avec le pôle de restauration.
Le parti a été pris de scander l'architecture de
cette masse rectiligne (80 mètres environ) par une séquence
d'extensions en saillies, sur un axe nord-sud parallèle
à la "colonne" du pôle d'enseignement : d'abord l'espace-colloques,
vers l'entrée principale, puis l'extension des locaux d'hébergement,
tous deux en forme de bâtiments-ponts habités ; et
enfin la restauration, nettement dissociée des volumes
d'hébergement par un mail arboré.
Utilisé comme espace vert et circulant, ce mail est aussi,
à la belle saison, une extension possible en vaste terrasse
pour le restaurant de 650 repas. Celui-ci reste donc un volume
indépendant, apparaissant comme le point d'orgue de cette
rénovation, qui la clôture au sud-ouest : il épouse
la pente naturelle de la parcelle, s'y fond même puisqu'une
terrasse-jardin, aménagée au dessus des cuisines
et trouée de puits de lumière, vient tisser sa toile
avec le tapis du paysage qui recouvre doucement l'arrière
du bâtiment.
Maître
d'ouvrage :
ENITA, mandataire : SCIC-AMO
Première
phase :
Restructuration de 2 900 m2 et construction de 3 635
m2 SHON sur le pôle d'enseignement.
Maîtrise d'uvre :
SCP Jean-Yves Berthon & Jean-Claude Collet associés à
Lupi-Chomette (BEHC architectes)
Montant des travaux :19 millions de francs TTC.
Réalisation : 1995-1998
Deuxième
phase :
Restructuration du pôle d'hébergement (6 300 m2),
du pôle de restauration et de l'espace colloques (1 300 m2)
Maîtrise d'uvre :
Agence d'architectes Léaud-Rambourdin-Rivoire
Montant des travaux : 23 millions de francs TTC.
Réalisation : 1997-2000
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