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DECEMBRE 99


Auvergne Architecture n° 22
La revue du Conseil régional de l'Ordre des Architectes d'Auvergne.

ENJEU

Les 8, 9 et 10 juillet, nous étions à Toulouse plus de cent conseillers régionaux et nationaux pour tenter de bâtir autour des thèmes de réflexion proposés par le ministère et ceux qui nous sont propres, un corpus de propositions dans le cadre de la réforme de la loi de 77 lancée près d'un an auparavant.
Quelques jours plus tard, Catherine Trautmann exposait son plan d'action et de développement pour les architectes et l'architecture.
Le constat était que nombre des préoccupations exprimées par les architectes étaient également celles de la tutelle.
Le Congrès de Toulouse avait eu pour effet de clarifier les positions de la profession et surtout d'en faire une première écriture (télégraphique parfois du fait du peu de temps disponible). Il restait quelques points de divergence et des précisions à apporter,
et lors de la réunion de coordination du 9 septembre, le National et les Régions mettaient la dernière main au corpus des propositions de la profession, dans l'esprit de la réforme fixée par Catherine Trautmann.
Le 18 novembre, François Barré, Directeur de l'Architecture, lançait la seconde phase des travaux lors d'une réunion plénière rue de Valois, celle de la mise en forme des textes par la commission dite "à la réforme" qui réunit l'ensemble des professionnels du cadre de vie. Il présentait alors, à la grande surprise des architectes présents, certains points du projet Trautmann comme non négociables ou déjà négociés et en cours de préparation dans un cadre extérieur à la commission.
Le projet du Conseil Supérieur de l'Architecture (C.S.A.) fait partie des questions balayées comme étant une volonté politique établie et indiscutable.
Si le principe d'une autorité supérieure de l'architecture porte en lui-même un beau projet, les conséquences qu'il implique dans sa forme actuelle risquent d'être terribles et à l'opposé des objectifs de la réforme.
Dans les grandes lignes, ce C.S.A. regrouperait à parts égales des représentants des conseils régionaux de l'Ordre, des syndicats, et des personnalités nommées par le ministère.
Il implique la disparition du conseil national.
Le nombre des Régions pourrait être diminué en procédant à des regroupements inter-régionaux ou à défaut serait maintenu en "acceptant un certain déséquilibre".
Dans le droit fil du rapport Malvy, la mission des conseils régionaux serait restreinte à leur seul rôle de service public : tenue du tableau, chambre de discipline, port du titre... Les syndicats compléteraient le dispositif en assurant la défense de la profession dans ses différents modes d'exercice.
Un projet qui pose quelques questions :
- Comment peut-on imaginer qu'une instance, qui se réunira quelques fois l'an et où nous ne serons représentés que pour un tiers, pourra administrer et coordonner notre profession au quotidien ?
- Comment peut-on croire que les syndicats, affaiblis par la crise de ces dernières années, inexistants dans beaucoup de départements pourront assurer toutes les missions que les régions assument actuellement ? Aujourd'hui, les premiers militants syndicaux démocratiquement élus sont les conseillers régionaux de l'Ordre.
- Comment peut-on s'accommoder d'un système de représentation régionale basé sur des supers régions où quelques conseillers (il faut en réduire le nombre) seront tous les jours sur la route pour assurer localement des contacts auprès des élus, des administrations et des organismes locaux ?
- Comment peut-on penser pouvoir s'accommoder de la suppression d'un organisme fédérateur qui perçoit et répartit la cotisation désormais forfaitaire, et laisser chaque région vivre de ses propres cotisations, avec la certitude pour beaucoup de ne plus avoir les moyens de payer un local et un salaire, et donc d'exister.
Ce projet de C.S.A. qui ne laisse aucune place à une instance nationale est soit le fruit d'une méconnaissance totale et parisianiste de la réalité du terrain, soit l'expression de la volonté d'en finir avec un Ordre considéré comme une survivance du passé, un objet de luxe et de gaspillage inutile.
La "commission réforme" de l'Ordre a travaillé sur la question depuis le congrès de Bordeaux, et fait des propositions qui vont dans le sens d'un système plus participatif, plus démocratique et plus léger.
La disparition d'une structure de coordination interne à la profession serait à coup sûr la disparition de l'Ordre tout entier à brève échéance.
Malgré ses errements et ses erreurs, l'Ordre, tout imparfait qu'il soit, a été le "moins mauvais" moyen de préserver notre profession.
Dès 1924 et 1925, la Société centrale des Architectes et la Société des Architectes Diplômés Par Le Gouvernement proposaient l'organisation de la profession avec un Conseil supérieur d'architecture ou un conseil de l'Ordre national. L'idée n'est pas neuve, elle n'a cessé d'évoluer et doit certainement encore le faire. Son fondement est la préservation d'un savoir-faire et d'une pratique indépendante qui est le seul garant de la création.
François Barré disait, lors de la séance du 9 novembre, qu'il n'était pas question de revenir aux Beaux-Arts et de magnifier l'image de l'Architecte créateur. Il ne faut pas non plus asservir cette profession au nom d'un règlement de comptes partisan ou d'un snobisme moderniste.
Les appétits sont nombreux et je ne veux pas imaginer une société ou l'UNCMI (Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles), les bureaux d'études généralistes et les majors du BTP, les services techniques des collectivités locales et territoriales se partageront la production de notre cadre de vie depuis la maison individuelle jusqu'aux constructions publiques.
Je ne veux pas imaginer une profession désorganisée dont le seul rôle ne serait que de signer des permis de construire et de donner un vernis esthétique à des appétits financiers féroces.
Ce ne sont certes pas les intentions de notre ministre et je souhaite vivement qu'elle ne laisse pas se pervertir les objectifs fixés en juillet, et qu'elle nous entende en toute confiance et sans a priori, en étant fermement convaincus que ce qui nous fait tenir c'est d'abord et avant tout le goût de l'architecture, du cadre de vie, et l'intérêt porté aux gens qui les pratiquent.

Jean-Paul Lanquette, Président

SOMMAIRE DU NUMERO 22 - décembre 99

Actualités
Restructuration-extension de l'ENITA : Deux phases pour un nouveau visage
La longue restructuration-extension de l'Ecole nationale d'ingénieurs des travaux agricoles de Marmilhat (l'ENITA à Lempdes,Puy-de-Dôme), qui touche à sa fin, a permis de donner à un en-semble construit dans les années 60, non seulement les surfaces nécessaires à sa mission, mais encore le visage et l'organisation d'une "grande école" ­ pratiquement un "mini-campus" universitaire ­ par une intervention en deux phases avec deux équipes de maîtrise d'œuvre.

Brèves-actualités
* Un guide régional pour l'amiante
Clermont-Ferrand :
* Un cyber-centre pour les entreprises innovantes
* Le regard d'une institutrice-architecte
* L'école d'architecture à Sabourin : "une solution à 99,9 %"
* Les trois coups de l'IFMA
* Hôtel cherche entreprises
Aurillac :
* Centre de création de Tronquières : le théâtre en permanence

Clin d'œil
Le bogue de mémé.

Evénement
La voie royale
Voilà bien longtemps ­des décennies­ que Clermont n'avait pas raisonné aussi largement en terme d'urbanisme dansun quartier où friches industrielles et terrains vagues avaient tendance à se multiplier. La confiance revenue, on assiste aujourd'hui à une véritable frénésie immobilière. Mais il est vrai que l'on partait de loin...

Savoir-faire
Reconstruction d'une école maternelle à Langeac (Haute-Loire). Le programme prévoyait le regroupement de l'école maternelle et de l'école primaire.
Quand la tour s'éveille à Issoire (Puy-de-Dôme).Ce projet devrait redonnerau centre-ville une fonctionhistorique et commerciale.

Droit de savoir

Montpeyroux : Recherche Espace proche plus beau village de France.
Une nouvelle rubrique, c'est bien le moins qu'Auvergne Architectures puisse offrir à ses lecteurs à l'orée du nouveau siècle...Plus modestement, elle s'attachera à soulever quelques nouvelles pierres dans certains jardins. Première halte dans celuide Montpeyroux.
Les thèses de fin d'études
Ecole d'Architecture de Clermont-Ferrand.

Observatoire
L'Observatoire des concoursdans la région Auvergne.

Annonces
Demandes d'emploi.

Carnet

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