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ENJEU
Les
8, 9 et 10 juillet, nous étions à Toulouse plus
de cent conseillers régionaux et nationaux pour tenter
de bâtir autour des thèmes de réflexion proposés
par le ministère et ceux qui nous sont propres, un corpus
de propositions dans le cadre de la réforme de la loi de
77 lancée près d'un an auparavant.
Quelques jours plus tard, Catherine Trautmann exposait son plan
d'action et de développement pour les architectes et l'architecture.
Le constat était que nombre des préoccupations exprimées
par les architectes étaient également celles de
la tutelle.
Le Congrès de Toulouse avait eu pour effet de clarifier
les positions de la profession et surtout d'en faire une première
écriture (télégraphique parfois du fait du
peu de temps disponible). Il restait quelques points de divergence
et des précisions à apporter,
et lors de la réunion de coordination du 9 septembre, le
National et les Régions mettaient la dernière main
au corpus des propositions de la profession, dans l'esprit de
la réforme fixée par Catherine Trautmann.
Le 18 novembre, François Barré, Directeur de l'Architecture,
lançait la seconde phase des travaux lors d'une réunion
plénière rue de Valois, celle de la mise en forme
des textes par la commission dite "à la réforme"
qui réunit l'ensemble des professionnels du cadre de vie.
Il présentait alors, à la grande surprise des architectes
présents, certains points du projet Trautmann comme non
négociables ou déjà négociés
et en cours de préparation dans un cadre extérieur
à la commission.
Le projet du Conseil Supérieur de l'Architecture (C.S.A.)
fait partie des questions balayées comme étant une
volonté politique établie et indiscutable.
Si le principe d'une autorité supérieure de l'architecture
porte en lui-même un beau projet, les conséquences
qu'il implique dans sa forme actuelle risquent d'être terribles
et à l'opposé des objectifs de la réforme.
Dans les grandes lignes, ce C.S.A. regrouperait à parts
égales des représentants des conseils régionaux
de l'Ordre, des syndicats, et des personnalités nommées
par le ministère.
Il implique la disparition du conseil national.
Le nombre des Régions pourrait être diminué
en procédant à des regroupements inter-régionaux
ou à défaut serait maintenu en "acceptant un certain
déséquilibre".
Dans le droit fil du rapport Malvy, la mission des conseils régionaux
serait restreinte à leur seul rôle de service public
: tenue du tableau, chambre de discipline, port du titre... Les
syndicats compléteraient le dispositif en assurant la défense
de la profession dans ses différents modes d'exercice.
Un projet qui pose quelques questions :
- Comment peut-on imaginer qu'une instance, qui se réunira
quelques fois l'an et où nous ne serons représentés
que pour un tiers, pourra administrer et coordonner notre profession
au quotidien ?
- Comment peut-on croire que les syndicats, affaiblis par la crise
de ces dernières années, inexistants dans beaucoup
de départements pourront assurer toutes les missions que
les régions assument actuellement ? Aujourd'hui, les premiers
militants syndicaux démocratiquement élus sont les
conseillers régionaux de l'Ordre.
- Comment peut-on s'accommoder d'un système de représentation
régionale basé sur des supers régions où
quelques conseillers (il faut en réduire le nombre) seront
tous les jours sur la route pour assurer localement des contacts
auprès des élus, des administrations et des organismes
locaux ?
- Comment peut-on penser pouvoir s'accommoder de la suppression
d'un organisme fédérateur qui perçoit et
répartit la cotisation désormais forfaitaire, et
laisser chaque région vivre de ses propres cotisations,
avec la certitude pour beaucoup de ne plus avoir les moyens de
payer un local et un salaire, et donc d'exister.
Ce projet de C.S.A. qui ne laisse aucune place à une instance
nationale est soit le fruit d'une méconnaissance totale
et parisianiste de la réalité du terrain, soit l'expression
de la volonté d'en finir avec un Ordre considéré
comme une survivance du passé, un objet de luxe et de gaspillage
inutile.
La "commission réforme" de l'Ordre a travaillé sur
la question depuis le congrès de Bordeaux, et fait des
propositions qui vont dans le sens d'un système plus participatif,
plus démocratique et plus léger.
La disparition d'une structure de coordination interne à
la profession serait à coup sûr la disparition de
l'Ordre tout entier à brève échéance.
Malgré ses errements et ses erreurs, l'Ordre, tout imparfait
qu'il soit, a été le "moins mauvais" moyen de préserver
notre profession.
Dès 1924 et 1925, la Société centrale des
Architectes et la Société des Architectes Diplômés
Par Le Gouvernement proposaient l'organisation de la profession
avec un Conseil supérieur d'architecture ou un conseil
de l'Ordre national. L'idée n'est pas neuve, elle n'a cessé
d'évoluer et doit certainement encore le faire. Son fondement
est la préservation d'un savoir-faire et d'une pratique
indépendante qui est le seul garant de la création.
François Barré disait, lors de la séance
du 9 novembre, qu'il n'était pas question de revenir aux
Beaux-Arts et de magnifier l'image de l'Architecte créateur.
Il ne faut pas non plus asservir cette profession au nom d'un
règlement de comptes partisan ou d'un snobisme moderniste.
Les appétits sont nombreux et je ne veux pas imaginer une
société ou l'UNCMI (Union Nationale des Constructeurs
de Maisons Individuelles), les bureaux d'études généralistes
et les majors du BTP, les services techniques des collectivités
locales et territoriales se partageront la production de notre
cadre de vie depuis la maison individuelle jusqu'aux constructions
publiques.
Je ne veux pas imaginer une profession désorganisée
dont le seul rôle ne serait que de signer des permis de
construire et de donner un vernis esthétique à des
appétits financiers féroces.
Ce ne sont certes pas les intentions de notre ministre et je souhaite
vivement qu'elle ne laisse pas se pervertir les objectifs fixés
en juillet, et qu'elle nous entende en toute confiance et sans
a priori, en étant fermement convaincus que ce qui nous
fait tenir c'est d'abord et avant tout le goût de l'architecture,
du cadre de vie, et l'intérêt porté aux gens
qui les pratiquent.
Jean-Paul
Lanquette, Président
SOMMAIRE
DU NUMERO 22 - décembre 99
Actualités
Restructuration-extension de l'ENITA
: Deux phases pour un nouveau visage
La longue restructuration-extension de l'Ecole nationale d'ingénieurs
des travaux agricoles de Marmilhat (l'ENITA à Lempdes,Puy-de-Dôme),
qui touche à sa fin, a permis de donner à un en-semble
construit dans les années 60, non seulement les surfaces
nécessaires à sa mission, mais encore le visage
et l'organisation d'une "grande école" pratiquement
un "mini-campus" universitaire par une intervention en
deux phases avec deux équipes de maîtrise d'uvre.
Brèves-actualités
* Un guide régional pour l'amiante
Clermont-Ferrand :
* Un cyber-centre pour les entreprises innovantes
* Le regard d'une institutrice-architecte
* L'école d'architecture à Sabourin
: "une solution à 99,9 %"
* Les trois coups de l'IFMA
* Hôtel cherche entreprises
Aurillac :
* Centre de création de Tronquières : le théâtre
en permanence
Clin
d'il
Le bogue de mémé.
Evénement
La voie royale
Voilà bien longtemps des décennies que
Clermont n'avait pas raisonné aussi largement en terme
d'urbanisme dansun quartier où friches industrielles et
terrains vagues avaient tendance à se multiplier. La confiance
revenue, on assiste aujourd'hui à une véritable
frénésie immobilière. Mais il est vrai que
l'on partait de loin...
Savoir-faire
Reconstruction d'une école maternelle
à Langeac (Haute-Loire). Le programme prévoyait
le regroupement de l'école maternelle et de l'école
primaire.
Quand la tour s'éveille à
Issoire (Puy-de-Dôme).Ce projet devrait redonnerau centre-ville
une fonctionhistorique et commerciale.
Droit
de savoir
Montpeyroux
: Recherche Espace proche plus beau village de France.
Une nouvelle rubrique, c'est bien le moins qu'Auvergne Architectures
puisse offrir à ses lecteurs à l'orée du
nouveau siècle...Plus modestement, elle s'attachera à
soulever quelques nouvelles pierres dans certains jardins. Première
halte dans celuide Montpeyroux.
Les thèses de fin d'études
Ecole d'Architecture de Clermont-Ferrand.
Observatoire
L'Observatoire des concoursdans la région Auvergne.
Annonces
Demandes d'emploi.
Carnet
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