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DECEMBRE 99


Reconstruction d'une école maternelle
Langeac - Haute-Loire

Pour offrir un ensem-ble scolaire complet, le programme défini par la commune prévoyait le regroupement de l'école maternelle - un bâtiment dans le style "Jules Ferry" construit au début du siècle -, et de l'école primaire, un véritable bloc de trois étages érigé dans les années soixante, disproportionné par rapport au quartier et même à la petite ville de Langeac (Haute-Loire), dotée d'un noyau médiéval intéressant au bord de l'Allier. Le concours gagné par les architectes Muriel Cros et Rayko Gourdon, portait en fait sur l'école maternelle, avant d'envisager la réhabilitation des classes primaires dans un deuxième temps.
Fallait-il réaménager le vieux bâtiment, l'adapter aux besoins actuels et imaginer une liaison avec l'école primaire ? Ou bien construire une nouvelle école ? "Les deux solutions ont été dessinées en esquisse, répondent les architectes, et devant l'impossibilité de réaliser une école maternelle de plain-pied, c'est la construction neuve qui a été choisie". Et pour éviter qu'elle soit "écrasée" par la masse de l'école primaire, ils ont mis en place une "stratégie de résistance" en morcelant l'ensemble en plusieurs volumes autonomes, d'échelle com-parable aux constructions voisines. Ils ont adopté aussi partout le bois - le pin Douglas de la région et le hêtre - de couleur proche de la pierre locale, l'arkose blonde, et propice à un travail de détail riche pour un coût modeste, accompagné de structures en acier galvanisé.
Avec ce principe, toutes les classes sont différentes. Diversité qui convient aux enfants de 2 à 5 ans. "Car contrairement au primaire, une école maternelle ne doit pas forcément s'affirmer comme un bâtiment public, avec le côté institutionnel que cela suppose, mais être surtout un lieu de vie et d'apprentissage agréable, à l'échelle des enfants", expliquent les architectes. Après une entrée commune aux deux écoles, les salles d'exercice sont regroupées autour d'un jardin calme où chaque classe possédera son lopin. On trouve ensuite la cour de récréation, réservée aux activités bruyantes, puis le restaurant en limite de rue.
Afin d'éviter une certaine pesanteur que pouvait provoquer le morcellement en petits "blocs", les angles des bâtiments sont évidés pour recevoir les entrées ou les ouvertures. Et pour parvenir à un équilibre entre les deux bâtiments, les architectes ont imaginé un grand local ovale que se partagent les deux écoles. L'unité de l'ensemble étant assurée par l'omniprésence du bois, à l'intérieur comme à l'extérieur, et par les variations autour de quelques détails d'articulation, comme le même poteau circulaire galvanisé, servant de support aussi bien à la pergola qu'à la couverture des préaux.

Maître d'ouvrage :
Commune de Langeac.
Architectes :
Muriel Cros et Rayko Gourdon.

Quand la tour s'éveille
Issoire - Puy-de-Dôme

"Vous qui entrez ici, vous êtes comme chaque humain, entre les mains du temps. Votre vie est comme un sablier. Elle s'écoule à son rythme". Grâce à Marcel Jullian, ancien président-directeur général d'Antenne 2 et historien, à Maurice Bunio, scénographe, et aux architectes d'Atelier 4, la Tour de l'Horloge à Issoire s'est réveillée à l'époque de la Renaissance. Ce projet,
élaboré par la commune, devrait redonner au centre-ville une fonction historique et commerciale et lui permettre peut-être de retrouver ses activités et sa vie médiévale d'autrefois."L'architecture du projet est conçue comme un spectacle, un événement, un rituel, favorisant la fiction, l'évasion et l'imaginaire". Elle accompagne intimement cette "Issoire de la Renaissance", imaginée par Marcel Jullian. En entrant, le visiteur découvre une immense salle dallée dans laquelle vient s'encastrer une énorme boîte métallique, mystérieuse, sorte de machine à remonter le temps qui l'emporte dans un voyage imaginaire, un peu comme un bathyscaphe qui descendrait au fond de l'océan.
"Les matières ont été choisies pour leur capacité à compléter cette volonté suggestive - explique Jean-Jacques Erragne, l'un des architectes. La tôle rouillée vernie suggère le temps qui passe et la lumière naturelle est traitée avec parcimonie dans l'esprit d'une "pluie" lumineuse, afin de créer une animation changeante sur les murs et les matières, en fonction de l'heure et de l'époque, jouant habilement sur la dualité lumière/ pénombre".

Maître d'ouvrage :
Commune d'Issoire.
Architectes :
Atelier 4 : Jean-Jacques Erragne / Jean-Louis Pourreyron / Philippe Tixier.

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