Reconstruction
d'une école
maternelle
Langeac - Haute-Loire
Pour
offrir un ensem-ble scolaire complet, le programme défini
par la commune prévoyait le regroupement de l'école
maternelle - un bâtiment dans le style "Jules Ferry" construit
au début du siècle -, et de l'école primaire,
un véritable bloc de trois étages érigé
dans les années soixante, disproportionné par rapport
au quartier et même à la petite ville de Langeac
(Haute-Loire), dotée d'un noyau médiéval
intéressant au bord de l'Allier. Le concours gagné
par les architectes Muriel Cros et Rayko Gourdon, portait en fait
sur l'école maternelle, avant d'envisager la réhabilitation
des classes primaires dans un deuxième temps.
Fallait-il réaménager le vieux bâtiment, l'adapter
aux besoins actuels et imaginer une liaison avec l'école
primaire ? Ou bien construire une nouvelle école ? "Les
deux solutions ont été dessinées en esquisse,
répondent les architectes, et devant l'impossibilité
de réaliser une école maternelle de plain-pied,
c'est la construction neuve qui a été choisie".
Et pour éviter qu'elle soit "écrasée"
par la masse de l'école primaire, ils ont mis en place
une "stratégie de résistance" en morcelant l'ensemble
en plusieurs volumes autonomes, d'échelle com-parable aux
constructions voisines. Ils ont adopté aussi partout le
bois - le pin Douglas de la région et le hêtre -
de couleur proche de la pierre locale, l'arkose blonde, et propice
à un travail de détail riche pour un coût
modeste, accompagné de structures en acier galvanisé.
Avec ce principe, toutes les classes sont différentes.
Diversité qui convient aux enfants de 2 à 5 ans.
"Car contrairement au primaire, une école maternelle
ne doit pas forcément s'affirmer comme un bâtiment
public, avec le côté institutionnel que cela
suppose, mais être surtout un lieu de vie et d'apprentissage
agréable, à l'échelle des enfants", expliquent
les architectes. Après une entrée commune aux deux
écoles, les salles d'exercice sont regroupées autour
d'un jardin calme où chaque classe possédera son
lopin. On trouve ensuite la cour de récréation,
réservée aux activités bruyantes, puis le
restaurant en limite de rue.
Afin d'éviter une certaine pesanteur que pouvait provoquer
le morcellement en petits "blocs", les angles des bâtiments
sont évidés pour recevoir les entrées ou
les ouvertures. Et pour parvenir à un équilibre
entre les deux bâtiments, les architectes ont imaginé
un grand local ovale que se partagent les deux écoles.
L'unité de l'ensemble étant assurée par l'omniprésence
du bois, à l'intérieur comme à l'extérieur,
et par les variations autour de quelques détails d'articulation,
comme le même poteau circulaire galvanisé, servant
de support aussi bien à la pergola qu'à la couverture
des préaux.
Maître
d'ouvrage :
Commune de Langeac.
Architectes :
Muriel Cros et Rayko Gourdon.
Quand
la tour s'éveille
Issoire - Puy-de-Dôme
"Vous
qui entrez ici, vous êtes comme chaque humain, entre les
mains du temps. Votre vie est comme un sablier. Elle s'écoule
à son rythme". Grâce à Marcel Jullian,
ancien président-directeur général d'Antenne
2 et historien, à Maurice Bunio, scénographe, et
aux architectes d'Atelier 4, la Tour de l'Horloge à Issoire
s'est réveillée à l'époque de la Renaissance.
Ce projet,
élaboré par la commune, devrait redonner au centre-ville
une fonction historique et commerciale et lui permettre peut-être
de retrouver ses activités et sa vie médiévale
d'autrefois."L'architecture du projet est conçue comme
un spectacle, un événement, un rituel, favorisant
la fiction, l'évasion et l'imaginaire". Elle accompagne
intimement cette "Issoire de la Renaissance", imaginée
par Marcel Jullian. En entrant, le visiteur découvre une
immense salle dallée dans laquelle vient s'encastrer une
énorme boîte métallique, mystérieuse,
sorte de machine à remonter le temps qui l'emporte dans
un voyage imaginaire, un peu comme un bathyscaphe qui descendrait
au fond de l'océan.
"Les matières ont été choisies pour leur
capacité à compléter cette volonté
suggestive - explique Jean-Jacques Erragne, l'un des architectes.
La tôle rouillée vernie suggère le temps
qui passe et la lumière naturelle est traitée avec
parcimonie dans l'esprit d'une "pluie" lumineuse, afin de créer
une animation changeante sur les murs et les matières,
en fonction de l'heure et de l'époque, jouant habilement
sur la dualité lumière/ pénombre".
Maître
d'ouvrage :
Commune d'Issoire.
Architectes :
Atelier 4 : Jean-Jacques Erragne / Jean-Louis Pourreyron / Philippe
Tixier.
[Haut de la page] |