| Au
début du XXe siècle, l’éclectisme n’a plus l’emphase ornementale
propre à une bonne part de l’architecture de la deuxième moitié
du XIXe. Privilégiant les références explicites aux répertoires
du passé, l’attitude historiciste perdure, particulièrement pour
l’architecture privée. Sans renoncer au besoin de paraître, elle
permet aux édifices de se distinguer par la variété formelle infinie
des styles historiques. L’historicisme connaît également au début
du XXe une nouvelle phase d’imitation littérale de ses modèles,
au point d’atteindre un état idéal, une pureté stylistique jusqu’alors
inconnue. Les impératifs des programmes contemporains continuent
pourtant de s’imposer : les copies s’adaptent dans leurs détails
ou leurs dispositions générales. Ce mouvement s’illustre particulièrement
dans un retour au classicisme français de style Louis XIV, Louis
XV et Louis XVI. Ainsi à Clermont-Ferrand, au n°12 cours Sablon,
Pierre Rémaury (1877-1959) érige le sobre et monumental hôtel particulier
Michelin.
Les
châteaux historicistes
Si la seconde moitié du XIXe siècle est l’âge d’or des châteaux
de plaisance construits pour l’aristocratie et la haute bourgeoisie,
quelques riches demeures perpétuent après 1900 le goût pour les
citations historicistes. Pour les transformations du château de
Trancis (1909-1913, Ydes, Cantal), l’architecte Louis Raynaud
et le sculpteur Emile Gourgouillon (1862-1916), artistes clermontois,
déploient les fastes du style Renaissance : tourelle, échauguette,
hauts toits découpés… En 1927, l’industriel François-Joseph Troubat
(1874-1968) fera construire la Villa de la Louvière à Montluçon.
L’architecte montluçonnais Elie (Gustave René) Sappin des Raynaud
(1878-1951, Diplômé de l’Ecole Spéciale d’Architecture en 1903)
créera une demeure inspirée par le classicisme, complétée par
deux ailes en 1953.
Les
styles “néo” des villas vichyssoises
A Vichy, centre
bourgeois très mondain, la vogue des styles exotiques et “néo”
se perpétue jusqu’à la Grande Guerre. Ainsi, Henri Décoret (1865
- † vers 1914) et Antoine Percilly (1858-1928) construisent au
19 boulevard Carnot une villa dite “mauresque”, aux éléments inspirés
de l’architecture
arabe : arcs outrepassés, colonnettes torsadées, carreaux de faïence
émaillée, petit dôme en bulbe… La Villa Anne-Marie (8 rue Albert
Londres) est érigée pour son propre compte par l’architecte Paul
Martin (1870-1958), au début du siècle. Trois niveaux et trois
travées ordonnent la façade principale, construite en pierre blanche
et en briques. Un fronton-pignon percé d’une lucarne et accosté
de deux ailerons à volutes rentrantes évoque l’architecture flamande.
Paul Martin érigera de nombreux édifices à Vichy et sa région.
La villa et clinique privée du Docteur Maire (rue du Golf, 1911),
de l’architecte Samuel Henriquet, s’inspire des hôtels bourgeois
et des châteaux gothiques. L’édifice de six niveaux s’élève sur
un plan trapézoïdal. Les solutions adaptées pour les baies sont
très variées : arcs en plein-cintre, en anse-de-panier, en ogives,
fenêtres à croisillons, loggias sur consoles composées… La tour
qui marque l’angle des rues est couronnée par un mâchicoulis sur
consoles.
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