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Comment
partir d’un ensemble hétéroclite de bâtiments anciens - un couvent
du XVIIIè siècle réaffecté en caserne -, imaginer un musée lumineux
du XXè, aux espaces unifiés, où la présentation chronologique
des œuvres est proposée au rythme des pentes douces et des variations
de la lumière naturelle? Les architectes Adrien Fainsilber et
Claude Gaillard apportent la réponse en 1989 dans la lignée de
la «promenade architecturale» de Le Corbusier et de la spirale
du musée Guggenheim de Franck Lloyd Wright. Au centre, l’atrium
couvert par la verrière conçue par l’ingénieur Peter Rice, en
forme de parapluie retourné par le vent, sert de repère permanent
aux visiteurs. Comme à Vérone, au Palazzo Vechio, dessiné par
Carlos Scarpa, chaque salle devient une alvéole. Aucune n’est
fermée. Et les anciennes fenêtres permettent de garder un contact
avec la cour centrale.
A
l’extérieur, ils ont gommé tout discours contemporain, à part
peut-être ces grandes verrières horizontales, sous un toit «décollé»
soutenu par des colonnes doubles, allusion encore à Carlos Scarpa,
devant l’opposition des architectes des Bâtiments de France, qui
les ont empêchés de percer des lanterneaux pour diffuser une lumière
indirecte dans les salles hautes ou encore de traiter en serrurerie
légère les escaliers de secours, à l’opposé de ces deux tourelles
aveugles et lourdes qu’ils sont devenus, pour cause de secteur
sauvegardé. L’unité des matériaux - le parquet blond qui apporte
la chaleur du bois, le plâtre laissé en blanc - et surtout le
traitement de la lumière contribuent à «lisser» les contrastes
et les ruptures d’échelle. Le musée a été complété en 1999 par
une aile dédiée au XXè siècle, sur deux niveaux, à l’intérieur
d’un cylindre enterré dans le lit d’une ancienne rivière.
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