| |
Arbitrages
ministériels, consultations, négociations.
La réforme de la loi de 77 prend forme dans un climat
serein
Pour ce qui concerne les rapports de la profession
avec la Direction de lArchitecture et du Patrimoine.
Nous étions en réunion plénière,
Conseils régionaux et national, le 29 juin dernier
à Arc-et-Senans, en présence de Wanda Diebolt,
Directrice de lArchitecture et du Patrimoine, et la
discussion a été franche et détendue.
Nous avons écouté et nous avons été
entendus
Un climat de confiance qui mavait laissé
le sentiment que nous travaillions bien pour une tâche
commune : lamélioration de la qualité
architecturale dans ce pays.
Erreur grossière si jen crois Alain Sionneau,
Président de la FFB (1). Nous étions naïvement
et consensuellement en train de participer à une
uvre de destruction sans précédent,
à un projet scandaleusement argumenté
aux conséquences catastrophiques pour toutes
les entreprises.
Labaissement du seuil de recours à larchitecte
à 20 m2 ou linstauration dun permis de
réhabilitation constitueront autant dobstacles
à linvestissement et de freins au développement
du marché, les budgets de nos clients nétant
pas extensibles, dit A. Sionneau, qui poursuit
en soulignant lopposition résolue
des ingénieurs-conseils, des bureaux détudes,
des promoteurs constructeurs, des techniciens de la construction,
des représentants des consommateurs et des constructeurs
de maisons individuelles
sans oublier certains architectes
eux-mêmes.
Il conclut : Nul ne saurait contester lintérêt
dune meilleure prise en compte de la qualité
architecturale dans la construction (
) mais que lon
ne compte pas sur nous pour que cette réforme se
fasse aux dépens de nos clients et de nos entreprises.
Simpliste et démagogique : les architectes sont trop
chers, ils grèvent trop lourdement les budgets et
mettent en péril les entreprises du bâtiment.
M. Sionneau devrait balayer devant sa porte.
Qui a pratiqué le dumping sur les prix pour
favoriser lextension des majors au détriment
des entreprises moyennes qui avaient le savoir-faire et
constituaient un tissu économique solide dans nos
régions ?
Qui pratique aujourdhui en entreprise générale
le saucissonnage des marchés au prix les plus bas,
entre les sous-traitants interchangeables, ligotés
par des contrats léonins, taillables et corvéables
à merci, mis dans limpossibilité de
se développer ou dinvestir ?
Je nai pas le sentiment quaujourdhui la
défense du consommateur soit assurée avec
autant de pugnacité que celle des marges des grands
groupes.
Qui a laissé se dégrader la qualité
de construction des maisons individuelles de manière
inquiétante ces dernières années, en
faisant appel à une main-duvre sous-qualifiée,
à un sous-artisanat à qui on impose des prix
intenables ? On multiplie les sinistres et le système
fonctionne grâce aux assurances
Lintérêt de lArchitecte est de
produire des constructions de qualité et il sait
quil lui faut pour cela des entreprises de qualité
qui pratiquent des prix justes.
Parce quil a des exigences et parce quil est
responsable, larchitecte est le meilleur défenseur
de lentreprise ou de lartisan et par là
du consommateur.
Il ne faut pas se tromper de cible, il ne sagit pas
dune guéguerre entre entreprises et architectes.
Cest une guerre contre la vente à nimporte
quel prix et le profit maximum à tout prix.
Le combat que mène la FFB au plan national est tout
à fait suspect.
Nous sommes des casse-pieds que lon aimerait mieux
voir salariés des grands groupes financiers, des
bureaux détudes des promoteurs et des CMI.
Il est sûr qualors, personne ne nous contesterait
lintervention au premier mètre carré.
Jean-Paul
Lanquette, Président
(1)
Éditorial du Bulletin Bâtiment Actualité
de septembre 2001.
|