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Sommes-nous
en passe de devenir des concepteurs-façadiers responsables
? Grâce à Dieu non si nous restons vigilants.
Le 28 décembre, le Conseil dÉtat a donné
raison au fond à notre Conseil dans un procès
qui lopposait depuis de nombreuses années au
Conseil général du Puy-de-Dôme pour
le marché de conception-construction du collège
Jean Vilar à Riom.
Lintérêt
à agir de lOrdre a été reconnu
alors quil avait été dénié
par la Cour administrative dAppel de Lyon dont larrêt
a été annulé. On en revient ainsi aux
conclusions des experts près la Cour de Cassation
qui étaient que ce recours à la procédure
conception-construction nétait pas justifié.
Récemment,
la communauté dagglomération de Vichy
lançait la même procédure de conception-réalisation
(vocable actualisé) pour son siège. Elle lannulait
peu de temps après, suite à une requête
déposée par notre conseil au Tribunal administratif
de Clermont-Ferrand. Cest une sage décision.
Pourquoi
avoir recours à une telle procédure quand
on peut :
Passer des marchés détudes et
de définition.
Confier des études de diagnostic détaillé
à des intervenants extérieurs à la
maîtrise doeuvre (il s'agissait à Vichy
dune réhabilitation et le diagnostic ne fait
pas partie de la mission de base).
Consulter sur performances certains lots sur avant-projet
sommaire lorsque lon doit avoir recours à des
techniques spécifiques qui conditionnent la suite
du projet.
La facilité
apparente sans doute de navoir que deux interlocuteurs,
de penser gagner du temps
alors quau moindre
problème, la cascade des appels en cause fait que
lon se retrouve à 50 autour de lexpert,
et que le temps nécessaire à la réflexion
et à la maturation dun projet est quasiment
incompressible.
Facilité
et marché de dupes pour le Maître dOuvrage.
Comment peut-on apprécier la teneur dun projet
a priori ficelé et complet en une seule réunion
de jury ? Le seul moyen du Maître dOuvrage pour
obtenir ce quil veut sera de mettre en avant son programme
qui devra définir la teneur précise des prestations
attendues dès lorigine. On a bien du mal à
imaginer que la vie et lévolution dun
projet soient figées à ce point et bétonnées
tel le mur de lAtlantique face à des juristes
pointilleux. Gare aux avenants !
Marché
de dupes pour lArchitecte. Peut-on penser que lArchitecte
restera libre de ses choix face aux impératifs de
lentreprise générale qui contractera
? LArchitecte donne, lentreprise vend. Chacun
son rôle et sa logique. Le mariage arrangé
de ces deux intérêts nest pas en faveur
de lArchitecte et de ses exigences qui gri-gnotent
la marge de lentreprise et sont rapidement écartées
au détriment de la qualité. La condition essentielle
de la qualité de notre production, cest lindépendance.
Même si cest une position déquilibre
pénible à tenir, nous la défendrons
pour défendre la qualité de lArchitecture.
Jean-Paul
Lanquette, Président
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