Le débat qui clôturait
cette année l’Assemblée Générale
de la Fédération Départementale du
Bâtiment du Puy-de-Dôme était consacré
à la TVA à 5.5 %. Si le bilan de cette mesure
est largement positif pour les entreprises et les artisans,
qu’en est-il pour les architectes ?
La production totale du secteur du bâtiment en 2001[1]
est de 86.8 milliards d’euros HT. Ce montant se ventile
entre 40.6 milliards d’euros pour le secteur du neuf
et 46.2 milliards en travaux d’amélioration
– entretien.
Les architectes déclarent à leur mutuelle
27.8 milliards d’euros sur la production globale soit
un petit tiers. Souvenez-vous de notre campagne de communication
“Imaginez un pays où 68 % des avions ne seraient
pas pilotés par des pilotes de ligne”. En effet,
les deux-tiers du chiffre d’affaires du bâtiment
se font sans les architectes.
Notre petit tiers de 27.8 milliards d’euros est
ventilé en 19.2 milliards en neuf et 8.6 milliards
en amélioration-entretien, soit une présence
des architectes sur le marché du neuf à hauteur
de près de la moitié (47.3 %) mais seulement
d’un cinquième de celui de la réhabilitation
(18.7 %).
La part d’amélioration-entretien au taux
de 5.5 % – logement privé – réalisée
par des architectes est estimée à 2.4 milliards
d’euros. Cela représente 2.7 % de la production
globale, environ 5 % de la réhabilitaton et 8.6 %
de leurs missions.
Ce n’est pas beaucoup mais, en contrepartie, on
note l’effet positif de la mesure du taux réduit
qui a généré une progression de 2 %
du taux de pénétration du marché de
la réhabilitation par les architectes depuis 1998.
Notre profession est donc bien sûr favorable au
maintien de ce taux réduit et joint sa voix à
celle des entreprises pour obtenir sa reconduction mais
cette préoccupation ne doit pas faire oublier la
nécessité d’arriver un jour à
une baisse globale et significative des taux dans d’autres
secteurs. Est-il normal aujourd’hui qu’un accédant
à la propriété pour un premier logement
au sortir d’un logement social doive consacrer 20
% de son budget à l’impôt au détriment
de la qualité de l’architecture et de celle
de l’exécution ?
Des économistes distingués, débattant
ces jours derniers à la radio sur le sujet de la
réduction d’impôt sur le revenu et l’augmentation
de diverses taxes, déclaraient que notre politique
fiscale “manquerait de lisibilité”. Quel
doux euphémisme – ne manquerait-elle pas simplement
de politique ?
Jean-Paul
Lanquette, Président
[1] Dernières statistiques de la Mutuelle des
Architectes Français et de la Fédération
Française du Bâtiment.
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