Un débat était
organisé le 11 mars dernier
dans le cadre
du Salon de l'Habitat à l'initiative
de la Cellule Économique Régionale
sur le thème "Qualité de l'habitat individuel
: des formes
nouvelles, des règlements adaptés".
La Direction Départementale de l'Équipement
présentait le fruit
du travail d'une commission où depuis quelques mois,
constructeurs, géomètres, architectes, promoteurs,
aménageurs,
urbanistes et la DDE planchaient
sur des voies possibles
d'évolution raisonnée et plus économe
en paysage que
les formes habituelles du lotissement.
Ce travail était formalisé par des propositions d'implantation alternatives
à la
marge de recul de 5 m et au cube sclérosé sur sa parcelle.
Il était illustré par d'adroits croquis.
Un aréopage représentatif des acteurs de
la construction, dont
je faisais partie, était sur scène face au
public,
la DRE, trois
Maires, le Directeur de la maîtrise d'ouvrage de
l'Opac du Puy-de-Dôme, les Présidents des
Aménageurs
Lotisseurs et Promoteurs
d'Auvergne et Monsieur Christian-Louis Victor, Président
de l'UNCMI.
Rapidement le débat prenait forme.
Les architectes étaient
franchement
favorables à un urbanisme plus dense -qu'ils savent
parfaitement produire depuis longtemps-,
les élus
locaux mitigés
et partagés (pour les deux tiers) entre le souci
d'économiser les zonesà construire et la
crainte d'être responsables de productions
bâties impopulaires,
les constructeurs extrêmement
réservés quant à l'avenir de la commercialisation
de "produits" aussi denses.
Je dis "réservés" pour
ne pas dire franchement
hostile…
Monsieur Victor, à grand renfort d'enquêtes
du CREDOC, d'expliquer que "le
Français" veut un pavillon individuel
à 3
mètres des limites de la parcelle, son
jardin… son indépendance, le "produit" en
somme que les constructeurs
savent faire et vendre.
Une démarche commerciale
logique lorsqu'on vend de
la lessive peut-elle s'appliquer en matière de paysage,
de consommation de
l'espace, d'impact sur l'environnement ?
L'enjeu n'est pas le même, le goût actuel de
la ménagère de la tranche 30
- 50 ans d'un linge souple, parfumé,
et de couleurs
qui gardent leurs éclats, n'a pas le même
poids que les options que l'on prendra
en matière d'urbanisme.
Notre responsabilité (à tous,
audelà des architectes) vis-à-vis
de générations
futures est bien
de susciter
l'appétit d'architecture, d'éviter
le gaspillage, de
faire l'effort de convaincre plutôt que de flatter
les aspirations
les plus basiques.
Je dis "basiques" par pudeur
pour ne pas
dire putassières…
La facilité et la
démagogie ne sont pas
génératrices de progrès.
La production
de "produits" n'est
pas du "développement durable" sauf en
matière de cuniculiculture.
|