Auvergne Architectures n° 40

Juillet 2006


Enjeu
Par Sylvie Soulas, Présidente
 

HEMONP*, vous m’avez dit HEMONP, comme c’est étrange.
Enjeu vous m’avez dit Enjeu en voilà un bel enjeu pour l’avenir de notre profession.
Il est grand temps que toutes les Intelligences en présence en face preuve au risque que ce bel enjeu ne parte en fumée.

Cette réforme doit trouver une issue. Le défit doit être relevé.
L’été traditionnellement léthargique devra être bouillonnant si on veut dés la rentrée présenter un projet cohérent et offrir à toute une promotion de jeune titulaire d’un diplôme en architecture un possible aboutissement à leur aspiration à exercer la maîtrise d’oeuvre.

Nos politiques ont aujourd’hui l’air de faire peu de cas de l’impasse actuelle. Leurs représentants de la DAPA en charge de mettre en place les modes d’application de la réforme sont englués dans leur propre rédaction.

Face à la valse des hésitations permanentes des textes qui se suivent en ordre et contrordre, face aux frondes partisanes qui jaillissent de toute part, notre école d’architecture de Clermont- Fd, le président de l’ordre Limousin et votre humble serviteur (euse !?) de l’ordre d’Auvergne ont bien du mal à tenter de sauver les meubles.

Nous travaillons à la construction d’une trame de contenu pour ce qui apparaît pour nous architectes comme un Monstre : cette habilitation qui n’a que trop eu pour parrain et marraine de naissance, monsieur hasard et madame hésitation.

Je demande la pitié et l’humilité de nos enseignants praticiens ou non, de notre tutelle, de nos syndicats de nos ordres régionaux et notre ordre national pour se mettre enfin sur une seule et même table de discussion.

Les étudiants à qui on à parfois fait miroiter le spectre des vilains exploiteurs que seraient les architectes employeurs sont dans leur grande majorité des jeunes bien plus lucides et conscients des réalités économiques de ceux qui au final seront leurs futurs confrères que certains “conseilleurs”.

Bien avant et malgré les hautes sphères, ils ont compris que la sauvegarde de leur propre activité en tant que praticien de la maîtrise d’oeuvre passait par un indispensable exercice en agence. Ils ne sont pas dupes.

La nécessité et la qualité de l’enseignement qui leur est dispensé n’est pas en cause sur la formation initiale de conception qui reste et demeurera, pour moi, un pré acquis inaltérable à la genèse d’un bon architecte.
Néanmoins, et je l’ai vécu moi-même il n’y pas si longtemps, l’exercice de la maîtrise d’oeuvre en son nom propre n’est pas un exercice innocent. La formation initiale actuelle de l’école n’y répond pas totalement.
Les problèmes déontologiques et catastrophes humaines que je peux être amenée à voir aujourd’hui en tant que présidente me le confirment bien.

Formation initiale, formation continue, une question de discorde qui n’est pas sans conséquences sur les niveaux d’implications notamment financières pour chacun des protagonistes, mais qui importe peu aux jeunes.

L’ Enjeu est trop important pour que les inimitiés ou même seulement les causes partisanes viennent mettre fin à une réforme qui intelligemment menée s’inscrit dans une criante urgence.
J’espère que ce gâchis ne traduit pas la considération que porte nos dirigeants à notre profession et à la culture architecturale en générale.

*HEMONP : habilitation à l’exercice de la maîtrise d’oeuvre en son nom propre.

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