HEMONP*, vous m’avez dit HEMONP,
comme c’est étrange.
Enjeu vous m’avez
dit Enjeu en voilà un bel enjeu pour l’avenir
de notre profession.
Il est grand temps que toutes les Intelligences
en présence en face preuve au risque que ce bel
enjeu ne parte en fumée.
Cette réforme doit trouver une issue. Le défit doit être relevé.
L’été traditionnellement léthargique devra être bouillonnant si
on veut dés la rentrée présenter un projet cohérent et offrir à
toute une promotion de jeune titulaire d’un diplôme en architecture
un possible aboutissement à leur aspiration à exercer
la maîtrise d’oeuvre.
Nos politiques ont aujourd’hui l’air de faire peu de cas de l’impasse actuelle. Leurs représentants de la DAPA
en charge de mettre en place les modes d’application de la
réforme sont englués dans leur propre rédaction.
Face à la valse des hésitations permanentes des textes qui se
suivent en ordre et contrordre, face aux frondes partisanes qui
jaillissent de toute part, notre école d’architecture de Clermont-
Fd, le président de l’ordre Limousin et votre humble serviteur
(euse !?) de l’ordre d’Auvergne ont bien du mal à tenter de sauver
les meubles.
Nous travaillons à la construction d’une trame de contenu pour ce qui apparaît
pour nous architectes comme un Monstre : cette habilitation qui n’a que
trop eu pour parrain et marraine de naissance, monsieur hasard et madame
hésitation.
Je demande la pitié et l’humilité de nos enseignants praticiens ou non, de
notre tutelle, de nos syndicats de nos ordres régionaux et notre ordre national
pour se mettre enfin sur une seule et même table de discussion.
Les étudiants à qui on à parfois fait miroiter le spectre
des vilains exploiteurs que seraient les architectes employeurs sont dans leur grande majorité des jeunes
bien plus lucides et conscients des réalités économiques de ceux qui au final
seront leurs futurs confrères que certains “conseilleurs”.
Bien avant et malgré les hautes sphères, ils ont compris que la sauvegarde
de leur propre activité en tant que praticien de la maîtrise d’oeuvre passait par
un indispensable exercice en agence. Ils ne sont pas dupes.
La nécessité et la qualité de l’enseignement qui leur est dispensé n’est pas
en cause sur la formation initiale de conception qui reste et demeurera, pour
moi, un pré acquis inaltérable à la genèse d’un bon architecte.
Néanmoins, et je l’ai vécu moi-même il n’y pas si longtemps, l’exercice de la
maîtrise d’oeuvre en son nom propre n’est pas un exercice innocent. La formation
initiale actuelle de l’école n’y répond pas totalement.
Les
problèmes déontologiques et catastrophes humaines que je
peux être amenée à voir aujourd’hui en tant que présidente me
le confirment bien.
Formation initiale, formation continue, une question de discorde
qui n’est pas sans conséquences sur les niveaux d’implications
notamment financières pour chacun des protagonistes, mais
qui importe peu aux jeunes.
L’ Enjeu est trop important pour que les inimitiés ou même seulement
les causes partisanes viennent mettre fin à une réforme qui intelligemment
menée s’inscrit dans une criante urgence.
J’espère que ce gâchis ne traduit pas la considération que porte nos dirigeants à notre profession et à la culture architecturale en générale.
*HEMONP : habilitation à l’exercice de la maîtrise d’oeuvre en son nom propre. |