En 2003, avec la complicité amicale de Michel Douat
pour l’AFEX* et de Jean Paul Lanquette
pour le conseil régional de l’Ordre, nous lancions un projet
de rencontres décentralisées sur les questions d’exportation.
Le galop d’essai se déroula à Clermont-Ferrand.
De toutes les réunions organisées en région, il est évident
que celle d’Auvergne fut la plus dynamique, celle qui rencontra
le plus vif succès et accueillit la plus forte présence d’architectes.
Paradoxe d’un centre de la France qui se montre beaucoup plus à l’écoute du monde que les images d’Epinal ne le laisseraient entendre.
Le G20 ne refondera pas le capitalisme dans les jours qui viennent
et la mondialisation ne deviendra pas plus vertueuse.
Mais la libre circulation des professionnels favorise
une plus grande attention aux problèmes des hommes,
tempère les violences économiques de quelques-uns
et permet de mieux s’interroger sur les fortes tentatives
de normalisation et de mise en carte de l’acte de construire….
Bref un humanisme qui, bousculant les frontières,
fait progressivement son chemin.
Il fut un temps où il fallait être “d’une caste, d’un parti, ou du tout Paris **” pour s’engager vers l’export. Cette époque est désormais révolue.
Elle l’est pour les jeunes confrères européens qui, s’affranchissant
jour après jour des dernières barrières, font de l’Union leur territoire
d’expérimentation.
Elle l’est pour les architectes qui par différentes filières
sont amenés à construire ailleurs, découvrant ainsi d’autres contraintes,
d’autres attitudes capables d’enrichir leur propre pratique,
Elle l’est pour les quelques grandes agences françaises
qui ne pourraient survivre sans leurs contrats extra-nationaux.
Elle l’est enfin pour tous les réseaux de la générosité comme les “Architectes de l’Urgence”, qui s’évertuent à reconstruire
là où personne ne veut et ne peut résider sans risques.
Ces corsaires, ces capitaines de frégates ou de galions,
qui sont parvenus à briser les égoïsmes locaux tout en respectant
les diversités culturelles, participent tous, à leur manière
et au-delà des frontières, à la promotion des valeurs universelles
de l’architecture que Vitruve résumait ainsi : “Solidité, Utilité, Beauté” avec cette “french touch” propre à notre caractère et à notre siècle.
Alors bravo à l’équipe dynamique de la revue
pour ce numéro qui prouve que par-delà les monts d’Auvergne,
les architectes savent se projeter et embrasser le monde.
* Association des « Architectes Français à l’Export »
** Léo Ferré |