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Avant la fin de l’année 2009, la profession
d’architecte dans notre pays risque
d’être gravement mise en péril si la transposition de la directive
européenne “Services” se réalise selon les voeux de
la Commission européenne. En effet, celle-ci considère
qu’en France, la réglementation actuelle constitue, sur un
point, une entrave à la libre circulation des services, et plus
précisément à la liberté d’établissement. Ce point, c’est
l’obligation faite aux sociétés d’architecture que la majorité de leur capital et de leurs droits de vote soit détenue par
des architectes ou des sociétés d’architecture.
Issue de la loi sur l’architecture de 1977, l’organisation capitalistique
de ces sociétés a été modifiée par la loi sur l’initiative économique de 2003, afin de permettre aux architectes de
développer leur activité en accueillant d’autres partenaires
dans leur capital social. Notre profession a donc déjà su
s’ouvrir pour s’adapter aux exigences de la concurrence internationale.
Mais cette obligation conserve sa raison d’être :
la nécessité d’une réelle indépendance de l’architecte, qui
reste la garantie essentielle de son impartialité, donc de la
qualité de ses prestations et plus généralement du respect
de la déontologie de notre métier. À partir du moment où une
société d’architecture – qui en tant que personne morale possède la qualité d’architecte – est majoritairement
détenue par des personnes, morales ou physiques,
extérieures à la profession, cette indépendance devient un leurre : l’architecte
qui ne sera plus maître chez lui ne pourra plus jamais prévenir
les conflits d’intérêt et les incompatibilités professionnelles.
La Commission reconnaît d’ailleurs ce risque en proposant d’interdire à certaines professions (promoteurs, constructeurs, marchands de matériaux…)
d’obtenir la majorité d’une société… Mais rien n’est plus facile,
dans ce domaine, que d’avancer masqué en passant par la création de
sociétés intermédiaires. De même, la déconnection entre le capital et les
droits de vote, proposée par le ministère français des Finances comme
une protection, ne tient pas la route, ainsi que l’expliquent les juristes de
notre Ordre national : “Quelle sera l’influence de l’architecte sur ses associés
s’il n’est que gérant minoritaire ?”
Notre profession a su s’adapter et le saura encore à l’avenir, et
elle ne souhaite empêcher personne de travailler, de créer de
l’activité économique par dessus les frontières… Mais l’actualité récente a trop bien démontré les conséquences funestes
de la déréglementation financière à tous crins. La raison d’être
de l’architecte, c’est d’abord l’intérêt de son client, qui ne peut être monnayé contre des parts de capital social. |