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Une profession mobilisée… pour la
qualité des constructions, leur insertion
harmonieuse dans le milieu, le respect des paysages
naturels ou urbains ainsi que du patrimoine.
En juin 2010, Benoist Apparu, secrétaire d’État au
Logement auprès du ministre de l’Écologie, du Développement
durable, des Transports et du Logement, a
lancé ce grand chantier qu’est “l’urbanisme
de projet”. Il ne s’agirait pas de
dérèglementation ou de dérégulation,
mais de simplifications et de mises en
cohérence des règlementations et des
outils de l’urbanisme qui devront mieux
garantir l’intérêt public. Les architectes
ont toujours exprimé cette nécessité de limiter la
consommation foncière, de lutter contre l’étalement urbain,
de favoriser la densification du bâti, de permettre la réalisation
de projets novateurs, de répondre aux enjeux du Grenelle.
Toutefois, dans les nombreuses mesures proposées, les architectes
ont entendu celle qui n’a fait l’objet d’aucune concertation, qui n’est
donc pas écrite mais qui a été annoncée à plusieurs reprises par le
secrétaire d’État au Logement, au cours d’interviews. Sous couvert
de faciliter les procédures, “le seuil de soumission des projets d’extension à permis de construire sera également relevé de 20 à 40 m2 en zone urbaine” (interview de B. Apparu – Le Moniteur – 09/06/2011). Parallèlement au relèvement
de ce seuil, la réforme des “surfaces Grenelle”, visant à accompagner
la performance énergétique, permettra un gain de constructibilité
de 10 à 15 % par substitution d’une nouvelle surface de plancher
aux actuelles SHOB et SHON. Nous comprenons que cet “urbanisme
de projet” permettra de “construire plus” et de répondre en particulier
aux besoins en logements, mais qu’en est-il du “construire mieux” ?
Ce mieux ne s’appliquerait-il qu’à la programmation
urbaine ? Qu’en est-il de la qualité architecturale et
constructive, de l’insertion urbaine, du respect de l’environnement
si chacun peut construire un bungalow de
40 m2 ou agrandir de 40 m2 un bâti existant sans recours à l’architecte ? De quels moyens et compétences les
maires disposeront-ils pour apprécier la qualité des
constructions faisant l’objet d’une simple autorisation de
travaux ? Les architectes continueront donc de se
mobiliser et d’alerter les pouvoirs publics sur ce “construire
plus et mieux” qui risque de conduire à un “construire vite et mal”…
préjudiciable à l’intérêt public.
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